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Figures de style

Schéma actantiel

Schéma narratif

Dénotation et connotation

Champ lexical et champ sémantique


Figures de style

FIGURES D'ANALOGIE

1) Comparaison : Elle établit un rapprochement entre deux réalités, grâce à un élément grammatical appelé terme comparatif (comme, tel, tel que, ainsi que, aussi que, etc.), à partir d'un élément qui est commun aux deux réalités. La comparaison est constituée en quatre (4) parties :

= comparé (ce que l'on compare)

= comparant (ce à quoi on le compare)

= terme comparatif (comme, tel que, etc.)

= point de comparaison (ce qui unit le comparé et le comparant, raison pour laquelle on les compare)

Exemple : tes larmes que j'ai avalées,

petite amie, étaient salées

comme une herbe de marée (Francis Jammes)

2) Métaphore : Elle établit une assimilation entre deux réalités. Il n'existe pas de terme comparatif entre le comparé et le comparant.

Exemple : Un gros serpent de fumée noire.

*** La principale différence entre la comparaison et la métaphore est que la première distingue nettement les deux réalités qui sont apparentées, au moyen du terme comparatif, alors que la métaphore, elle, les assimile : c'est comme si l'un devenait l'autre. ***

3) Allégorie : Elle consiste à prendre une idée abstraite et à en faire un personnage qui pose des gestes concrets.

Exemple : La Mort le regarda en pleine face.

4) Personnification : Elle consiste à attribuer des propriétés humaines à un objet ou à une chose non humaine mais bien concrète, tangible.

Exemple : Les arbres tendent leurs longs bras griffus vers Daniel Verrier, le protagoniste de La mémoire du lac.

*** Distinction entre allégorie et personnification:

- allégorie : chose abstraite (sentiment, idée, concept vague) qui pose des gestes concrets

- personnification : chose concrète (objet, animal) qui a des propriétés humaines ***

FIGURES DE SUBSTITUTION

1) Métonymie : Elle consiste à remplacer un mot ou une expression par un(e) autre qui entretient avec le premier quelque rapport logique. C'est un procédé qui permet parfois un raccourci d'expression.

Cas les plus communs :

- La partie remplace le tout : Voici une rose que ma main a triée.

- Le tout ou l'ensemble remplace la partie : l'Amérique s'est adressée à l'Irak ; le Canada remporte la médaille d'or.

- L'effet remplace la cause : Boire la mort (au lieu de "boire du poison").

- Le physique remplace le moral : Avoir du coeur (au lieu de "avoir du courage") ; être sans cervelle (au lieu de "être sans 'intelligence") ; avoir les yeux plus grands que la panse (au lieu de "avoir plus d'envie que de faim).

- Le contenant remplace le contenu : Boire un verre ; manger toute son assiette.

- Le nom de l'inventeur ou de l'auteur remplace l'oeuvre : acheter un Raphaël ; un Kodak ; ouvrir le Frigidaire.

- Le nom du possesseur remplace la chose possédée : j'ai passé au feu.

- Le lieu d'origine remplace le produit commercial : Boire un bordeau.

- La vedette remplace la monnaie qu'elle désigne : un louis d'or ; un huard ; l'ours chanceux (publicité de Loto-Québec dans laquelle "l'ours" en question désigne la pièce de deux dollars).

- La couleur remplace la chose colorée : Elle a reçu son bleu (au lieu de "sa note de congédiement) ; je te dois un brun (au lieu de "100 dollars").

2) Périphrase : Elle consiste à remplacer un mot ou une expression de sens équivalent par une expression qui est plus longue. La périphrase présente plusieurs mots qu'on peut résumer par un seul autre mot.

Exemple : chômeur = personne à la recherche d'emploi

handicapé = personne à mobilité réduite

FIGURES D'OPPOSITION

1) Antithèse : Elle oppose très fortement des mots ou des groupes de mots de même nature ou de même fonction.

Exemple : La nuit le protège alors que le jour l'expose.

(nuit/jour (noms) ; protège/expose (verbes))

2) Oxymore : Il réunit deux termes contradictoires dont la nature et/ou la fonction est différente.

Exemple : Cette obscure clarté qui tombe des étoiles. (Corneille)

3) Antiphrase : Elle exprime une idée par son contraire dans une intention ironique.

Exemple : Quel courage !, dira-t-on d'une personne qui se sauve devant l'ennemi.

Bravo !, dira-t-on à quelqu'un qui vient de renverser son café.

4) Chiasme : Procédé qui consiste à placer les éléments de deux groupes dans l'ordre inverse de celui que laisse entendre la symétrie.

Exemple : Un roi chantait en bas ; en haut mourait un dieu.

(A-B-B-A : roi (nom) - en bas (locution adverbiale) - en haut (locution adverbiale) - un dieu (nom))

Il faut manger pour vivre et non vivre pour manger.

FIGURES D'ATTÉNUATION OU D'AMPLIFICATION

1) Hyperbole : Elle amplifie un énoncé en préconisant l'exagération.

Exemple : Ça fait 56 fois que je te le dis !

2) Euphémisme : Atténuation d'une idée, d'un sentiment pour en voiler le caractère désagréable.

Exemple : Rendre un dernier soupir (au lieu de "mourir").

3) Anaphore : Elle consiste à répéter en début de segment (en tête de phrase ou de vers) les mêmes mots, ce qui produit une emphase, une insistance.

Exemple : Il n'y a pas d'amour qui ne soit à la douleur

Il n'y a pas d'amour dont ne soit meurtri

Il n'y a pas d'amour dont ne soit flétri (Louis Aragon)

 

4) Litote : Affirmation par la négative afin d'atténuer une réalité par pudeur, par timidité ou par politesse.

Exemple : Va, je ne te hais point. (Corneille)

Tu n'es pas laide.

5) Gradation : Elle ordonne les termes d'un énoncé selon une progression (en taille, en intensité) ou une régression.

Exemple : Va, cours, vole et me venge ! (Corneille)

C'est un roc, c'est un pic, c'est un cap. Que dis-je, un cap, c'est une péninsule ! (Rostand, Cyrano de Bergerac)

6) Allitération : Répétition d'une même consonne (ou d'un même son consonnantique) au sein d'un groupe restreint de mots, afin de mettre l'accent sur un concept particulier.

Exemple : À qui sont ces serpents qui sifflent sur nos têtes ? (Racine)

7) Assonance : Répétition d'une même voyelle au sein d'un groupe restreint de mots, afin de mettre l'accent sur un concept particulier.

Exemple : Était-ce le doux souffle du hibou sur son cou ou le fantôme d'un fou ?


Schéma actantiel

Le schéma actantiel a pour utilité de déterminer le rôle de chacun des actants d'un récit. Il est constitué en six (6) parties

 

DESTINATEUR                                                     DESTINATAIRE

 

                    SUJET ------------------------> OBJET

 

ADJUVANT(S)                                                      OPPOSANT(S)

 

 

 

Actant : Toute force agissante dans un récit (personnage, sentiment, éléments naturel, concept abstrait, etc.).

Destinateur : Ce qui pousse le sujet vers l'objet, ce qui l'y motive.

Destinataire : Ce pour quoi ou pour qui le sujet va vers l'objet, ce à qui l'obtention de l'objet profitera.

Adjuvants : Tout ce qui aide le sujet dans sa quête de l'objet (personnages, sentiments, forces, faiblesses, qualités, défauts, etc.).

Opposants : Tout ce qui nuit au sujet dans sa quête de l'objet.

Sujet : Personnage.

Objet : Ce que le sujet convoite, cherche à obtenir (chose, concept abstrait, sentiment, etc.).


Schéma narratif

Le schéma narratif sert à découper un récit en cinq (5) portions linéaires :

 

1- SITUATION INITIALE

2- ÉVÉNEMENT PERTURBATEUR

3- ACTION

4- CONSÉQUENCE

5- SITUATION FINALE

*** La séquence 2-3-4 peut se répéter à l'infini dans un récit. ***

1- Situation initiale

C'est la situation qui a cours au moment où débute le récit, avant que ne surviennent les péripéties qui en font l'action.

Exemple : Dans Le seigneur des anneaux, la situation initiale pour Frodon est qu'il ne soit qu'un hobbit comme les autres dans son village.

2- Événement perturbateur

 

Phénomène ou événement qui vient bouleverser ("perturber", justement) le calme relatif de la situation initiale. Il peut être positif ou négatif.

Exemple : Dans Le seigneur des anneaux, un premier événement perturbateur est que Frodon se voie confier l'anneau par Gandalf.

 

3- Action :

L'action est la réaction à l'événement perturbateur : il faut faire quelque chose pour régler ce qui est venu troubler la régularité qui précédait l'événement perturbateur ou encore poser des gestes qui découlent de l'événement perturbateur.

Exemple : Frodon doit s'exiler pour protéger l'anneau.

 

4- Conséquence :

Comme son nom l'indique, cette portion du schéma narratif désigne ce qui découle de l'action qui a été imposée au personnage par l'événement perturbateur. Elle peut être positive ou négative.

Exemple : L'exil de Frodon entraîne une chasse à l'homme qui l'amène à affronter des créatures diverses (les Ringwraths, Golum).

*** Chacune de ces rencontres produit des mini-séquences 2-3-4 (Événement perturbateur / Action / Conséquence) qui s'inscrivent dans la séquence principale. ***

5- Situation finale :

C'est l'arrivée à une situation qui laisse croire au lecteur ou au spectateur qu'elle se poursuivra pendant un certain temps, que les choses se stabiliseront pour un temps.

Exemple : La fin du troisième épisode du Seigneur des anneaux laisse croire que pendant quelque temps, les villageois ne reverront pas Frodon et que l'anneau est en sécurité.


Dénotation et connotation

Les concepts de dénotation et de connotation relèvent de la sémiotique, l'approche méthodologique en littérature qui étudie les significations, le sens des mots, des expressions, entre autres choses.

 

Dénotation : sens propre d'un terme, le sens littéral

Connotation : sens figuré d'un terme

Bien entendu, en littérature, la connotation est beaucoup plus intéressante et utile que la dénotation. Toutefois, le sens dénotatif devient utile pour comprendre les raisons qui peuvent posser tel ou tel auteur à employer le sens connotatif d'un mot ou d'une expression donnée.

Exemple : Le pirahna est un poisson fortement dentelé.

Les Carpathes donnent au paysage un air dentelé.

Dans le premier exemple, l'adjectif "dentelé" est employé au sens dénotatif (sens propre ) : "qui possède des dents""

Dans le second exemple, l'adjectif est employé au sens connotatif, pour créer une métaphore : on assimile ainsi l'aparence de la chaîne de montagnes à une dentition, question de créer une image poétique.


Champ lexical et champ sémantique

Champ lexical (ou réseau lexical) : Ensemble de mots ou d'expressions qui se rattachent à un même thème et qui permettent de donner une certaine couleur à un texte ainsi qu'un deuxième degré de lecture.

Exemple : La dentition que formaient les pics escarpés des Carpathes contrastait sur le ciel bleu clair au milieu duquel le soleil observait tout du haut des airs, oeil tout puissant dont la pupille dorée reflétait la luminosité de l'âme du monde.

Les cinq termes contenus dans la phrase précédente se rattachent à  l'être humain ; ils ont pour but d'évoquer le fait que le paysage semble vivant, semble être affublé de propriétés humaines. 

C'est dans cette optique qu'il est important de déceler le champ sémantique de chacun des termes, afin d'en dégager les multiples significations.

*** Il est possible de parler de champ lexical à condition de disposer d'une quantité significative de termes associés à une même idée. Dans la phrase-exemple précédente, cinq mots sont une quantité suffisante, si l'on considère que la phrase fait à peine quatre lignes ; toutefois, on comprendra que cinq mots dans un texte qui en compte 900 est insuffisant pour qu'il puisse être question de champ lexical... ***

Champ sémantique (ou réseau sémantique) : Le terme " sémantique " fait référence aux significations d'un mot ou d'une expression. Ainsi, le champ sémantique regroupe toutes les significations possibles d'un même mot ou d'une même expression.

Exemple : Le mot " livre " comporte trois définitions possibles :

    - objet qui sert à la lecture ;

    - unité de mesure du poids ;

    - unité monétaire de la Grande-Bretagne.

Ainsi, le champ sémantique du nom commun " livre " est constitué de ces trois acceptions.

Là où le champ sémantique devient utile, c'est quand il faut trouver les connotations qu'un auteur cherche à inférer à certains mots dans son texte afin d'en proposer une lecture à un deuxième degré.

*** Dans le contexte de notre cours, les champs lexicaux qui nous intéressent sont ceux qui proposent, comme on vient de le voir, une deuxième lecture d'un texte. Ainsi, il vous est parfaitement inutile de m'indiquer que dans tel ou tel texte, l'auteur emploie le champ lexical de la mer, si les mots " mer ", " sel ", " marin " et " remous " sont utilisés au sens propre (au sens dénotatif). Par contre, cela pourra être pertinent s'ils évoquent une réalité métaphorique, s'ils sont employés au sens figuré (sens connotatif). Soyez sélectifs ! ***


 
 
 
Dernière mise à jour : 15/08/2006
 
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